| |
Quelques idées pour le jardin
de la Corbière à l'horizon 2008-2010
Rappel
Le jardin, de manière générale, est un lien privilégié
entre l'humain et son environnement naturel. C'est comme une sorte
d'interface entre l'homme et la nature. Celle-ci y est en même
temps aimée, et guidée de façon responsable par
les humains qui en prennent soin. Le jardin au naturel sensibilise
la femme et l'homme qui y oeuvrent, tant à la générosité
de la nature, qu'à l'importance et à la fragilité
de l'humus ou encore aux limites de la condition humaine: notre action
au jardin ne peut pas tout et ne permet pas de tout maîtriser.
Il y a d'autres aléas qui interviennent et influencent le résultats.
Nous ne sommes pas des « Hommes Dieux » ! Nous avons une
place importante dans la création, mais pas toute la place.
Le jardin et le verger de la Corbière ont accompagné
plus ou moins intensément la vie du domaine, dans ses différentes
affectations, et cela probablement depuis la construction du Château
dans la deuxième moitié du XIXème siècle.
Le jardin a pris de l'ampleur au moment où s'est installé
là le pensionnat de jeunes filles, en devenant une véritable
école d'horticulture dès la période 1910 –
1920 et jusque dans les années 40-50. Dans les dernières
décennies, il a été délaissé puis
abandonné avant de reprendre sa place depuis 2004 dans la vie
du lieu.
Dans les projets de la Fondation Pays des Merveilles pour la Corbière,
cette importance de la place du verger et du jardin est comprise et
reconnue. En 2006 et 2007, un très beau jardin a été
promu avec Irmi comme « fil rouge ». Les utilisateurs
de la Corbière 3 y ont participé à raison d'un
après-midi par semaine (le mercredi). Le jardin a été
aussi bien un lieu de production qu'une « petite oasis »
comprenant des plantes ornementales ainsi qu'une pergola naturelle
ménageant un espace convivial ombragé apprécialble
particulièrement par les chaudes journées d'été.
Les produits du verger ont été bien utilisés,
notamment en 2007, tant pour la production de fruits pour la consommation
directe de La Corbière 3 et le « petit stand »
que pour la production de jus de pommes, de vin cuit et d'eau de vie.
La Fondation souhaite que le jardin et le verger fassent l'objet d'un
projet pour la période 2008-2010.
Fonctions du jardin
Le jardin est, pour les utilisateurs du domaine, un lieu à
part, tout à la fois lieu de production et « atelier
de vie ». Cela signifie donc qu'il permet la production de valeurs
matérielles et immatérielles. Il peut-être de
plus une contribution à la protection de la nature et parciculièrement
à la biodiversité, mais aussi d'avoir un caractère
social et pédagogique.
Une fonction de production. Le but premier du
jardin est de produire des fruits, des légumes et des fleurs
pour la satisfaction des besoins des utilisateurs de La Corbière
3. La proximité de CORALISA et le mouvement quotidien de ses
clients permet en outre d'écouler facilement les surplus de
production sur un petit stand self-service. Si le jardin prenait de
l'ampleur, ce débouché pourrait facilement être
développé. En cas de développement important
du jardin, on pourrait de plus imaginer quelques d'autres types de
clients (coopérateurs éventuels du jardin habitant dans
la région d'Estavayer, restaurant, ...);
Une fonction philosophique (ou spirituelle). Le
jardin permet en outre à chacune et chacun de mieux appréhender
concrètement le potentiel et les limites de sa propre condition
humaine, en se confrontant régulièrement à d'autres
aspects du vivant que sa propre existence et en étant au contact
des maillons finis du cycle infini de la vie (saisons, vie/mort, compostage,
etc);
Une fonction écologique. Le jardin et
le verger au naturel sont une contribution à la biodiversité
, par la culture et la sensibilisation/utilisation de variétés
anciennes de fruits et légumes rustiques, traditionnels et
adaptés au climat de la région;
Une fonction pédagogique. Le travail
et la vie au jardin peuvent être un « atelier de vie »
permettant d'acquérir de multiples compétences tant
humaines que concrètes et écologiques; le jardin au
naturel peut aussi permettre de comprendre qu'il est possible de faire
simple, que jardiner n'est pas une affaire de spécialistes
et que toute personne motivée peut y trouver sa place et y
prendre des initiatives tout en développant son intuition;
Une fonction sociale. Par les contacts qu'il
suscite, avec les clients de CORALISA, avec les autres voisins, avec
d'autres jardins et jardiniers(ères), avec d'autres organisations,
notamment pour des échanges, le jardin et le verger permettent
à la Fondation Pays des Merveilles de tisser des liens divers
et de s'intégrer dans des réseaux qui promeuvent des
valeurs concordantes.
Quelques propositions concrètes pour le jardin
a) Envisager à l'horizon printemps 2009
au plus tard, de redonner au jardin ses limites anciennes (carré
de 40 x 40 mètres environ allant à l'ouest jusqu'au
camping et au nord jusqu'à l'ancien poulailler, carré
ayant la serre au centre. Les débouchés pour la production
étant là (voir ci-dessus « fonction de production
» et « fonction sociale »), voir grand permet de
faire du jardin un véritable projet et de lui affecter les
moyens qui permettent sa concrétisation;
b) Envisager d'utiliser totalement la serre, en la couvrant entièrement,
au moins provisoirement avec des plastiques, dès le printemps
2008. Envisager éventuellement une reconstruction de la serre
l'hiver 2008-2009, après une année de test, si le projet
global se concrétise et est confrmé. L'idée est
de pouvoir produire beaucoup de plantons bios dès l'avant-
printemps 2008, tant pour les plantations du jardin que pour vendre
directement aux clients de CORALISA (surplus);
c) Trouver une personne pouvant assurer avec régularité
le fil rouge (ou le leadership) du jardin. Cette personne devrait
habiter de préférence sur place ou au moins dans la
région (pas à plus de 10-15 minutes de voiture). A cet
effet, chercher dès maintenant un soutien financier argumenté
par le caractère idéal du projet (voir ci-dessus les
multiples fonctions du jardin). Cela permettra de défrayer,
au moins modestement, la personne qui assumera le fil rouge du jardin;
d) Prévoir dès maintenant quelles personnes assumeront,
avec « le fil rouge » du jardin, les travaux de développement
et d'entretien du jardin dès mars 2008. Habitants et usagers
de La Corbière 3 ? Coopérateurs du jardin comprenant
des usagers intéressés de CORALISA ? Stagiaires ? Atelier
protégé ? Salariés ?
e) En novembre 2008, évaluer la saison et déterminer
la suite pour 2009 et 2010. A cet effet, il sera nécessaire
de documenter d'emblée jour par jour dans un journal, d'une
part le travail fourni par chacun/e, d'autre part la production du
jardin et du verger (fruits, fleurs et légumes et enfin les
« biens immatériels » obtenus du jardin en 2008
ainsi que leurs bénéficiaires;
f) Premier planning. Afin que la saison 2008 puisse démarrer
dès fin février avec la mise en route des premiers semis
dans la serre, La désignation du « fil rouge »
devrait intervenir d'ici à fin 2007 au plus tard. De plus,
encore en octobre/novembre 2007 (pour autant que le temps le permette),
je mettrai en ordre la parcelle que j'ai ouverte en mai 2007, afin
d'avancer les travaux de défrichage qui seront nécessaires
au printemps 2008 pour agrandir le jardin. Les quelques idées
ci-dessus, n'ont aucune prétention. Elles ne correspondent
qu'à la vision actuelle de leur auteur à qui cet exercice
a été demandé vendredi 28 septembre par Werner
Penzel.
La Chaux-de-Fonds, 1 er octobre 2007 Michel von Wyss |